Demi-sommeil

Il est difficile de savoir quand le sommeil uni-hémisphérique est apparu, mais il est probable qu’il est apparu plusieurs fois. On le trouve en effet chez bon nombre d’oiseaux, et chez les mammifères marins, les cétacés (baleines et dauphins), les phoques et les lamantins. Comme ces trois groupes de mammifères marins ont colonisé ce milieu indépendamment, et que leurs proches parents ne pratiquent pas le sommeil hémisphérique, comme la plupart des mammifères, il est probable que les 3 lignées de mammifères marins ont acquis cette caractéristique indépendamment.

Chez les oiseaux, il est tentant de placer l’origine du sommeil hémisphérique à la racine du groupe, c’est-à-dire avant la divergence entre le groupe contenant les autruches et les autres oiseaux. On ne sait pas si les autruches pratiquent le sommeil hémisphérique : la seule étude qui s’intéresse à leur sommeil ne s’intéresse pas au sommeil hémisphérique. Cependant, cette dernière note la présence d’asymétries similaires à celles observées chez le pigeon, chez qui on avait conclu qu’il y avait des phases de sommeil uni-hémisphérique. Parmi les autres oiseaux, bon nombre d’espèces pratiquent le sommeil uni-hémisphérique : le poulet, le pigeon, le merle, des oiseaux migrateurs… Pour ces derniers, on ne sait pas vraiment si et comment ils dorment durant les périodes de migration, car il est difficile de pratiquer un encéphalogramme en vol !

Le sommeil hémisphérique permettrait aux animaux qui le pratiquent de rester aux aguets, et d’éviter d’éventuels prédateurs. Pour les mammifères marins, il leur permettrait aussi d’aller respirer régulièrement à la surface, et d’éviter les collisions avec des congénères.