Présentation du projet

Tous les êtres vivants ont des points communs ! Certes, mais pourquoi?
Pour y réfléchir, commençons par mentionner quelques exemples généraux…
Chez tous les êtres vivants, l’hérédité, c’est à dire la ressemblance entre parents et descendants, dépend principalement d’une molécule très particulière: l’ADN (à quelques exceptions près: chez certains virus, c’est une molécule très ressemblante, l’ARN, qui remplit cette fonction).
Un autre exemple: tous les êtres vivants sont constitués de briques élémentaires: les cellules (à quelques exceptions près: les virus, encore eux !). Dans la grande majorité des espèces, un individu est constitué d’une seule brique ! Au contraire, chez les animaux, les plantes, ou les champignons (qui sont des géants au milieu d’une immense biodiversité microscopique), chaque individu comporte de nombreuses cellules (environ cent mille milliard chez les êtres humains !). Mais dans tous les cas, les cellules possèdent des caractéristiques fondamentales communes; notamment, la cellule est toujours délimitée par une double couche de lipides (le type de molécule qui constitue les graisses).
Bien d’autres caractéristiques sont partagées par la grande majorité des êtres vivants, et concernent la façon dont ils produisent les protéines qui les constituent, ou encore la façon dont ils utilisent leur énergie.
Pourquoi de telles ressemblances malgré une immense diversité de forme, de taille, et de mode de vie?
En réponse à cette question, les biologistes d’aujourd’hui apportent une réponse qui confirme l’intuition lumineuse qu’un certain Charles Darwin a publié en 1859: tous les êtres vivants descendent d’un même ancêtre !
Arbre phylogénétique schématique dessiné par Charles Darwin, Juillet 1837
Page du carnet de notes « B » de Charles Darwin (juillet 1837). On y voit sa première représentation d’un arbre phylogénétique.
Pourrait-on imaginer une hypothèse alternative?
Bien sûr ! On pourrait envisager que la vie soit apparue à de nombreuses reprises sur notre belle planète, et qu’à chaque fois, elle se soit développée à partir des mêmes molécules fondamentales, et les mêmes structures au niveau microscopique…
Probable? Ou improbable?
Prenez le temps d’y réfléchir…
Si vous trouver cette idée improbable, c’est que vous utilisez (consciemment ou non) un raisonnement scientifique très fréquent, qu’on nomme «  le principe de parcimonie »: une hypothèse reposant sur un faible nombre d’événements (par exemple, une seule origine de la vie sur terre) est plus probable qu’une hypothèse impliquant de nombreux événements. En d’autre terme: entre deux hypothèse, la plus « parcimonieuse » est aussi la plus probable.
Selon ce principe, les ressemblances entre êtres vivants résulteraient le plus souvent d’une ascendance commune: on appelle ce type de ressemblances des « homologies ». Ainsi, tous les mammifères allaitent leur petit et l’allaitement est vraisemblablement apparu une seule fois au cours de l’évolution, chez l’ancêtre commun de tous les mammifères; si cette hypothèse est correcte, alors l’allaitement constitue une homologie des mammifères. Les insectes peuvent voler et le vol est vraisemblablement apparu une seule fois chez l’ancêtre commun de tous les insectes volants.
Une seule fois? Vraiment? Pourtant, les oiseaux eux aussi savent voler ! Et les chauves-souris? La capacité de voler serait-elle apparue une seule fois chez l’ancêtre commun de toutes ces espèces?
Si l’on poursuit ce raisonnement, si l’on remonte si loin, on tombe sur un os…
L’ancêtre commun des insectes, des oiseaux et des chauves souris vivait il y a environ 700 millions d’année, et dans sa descendance, on trouve de nombreux animaux non volants; comme la personne qui lit ces lignes !
Solution: si la plupart des ressemblances sont dues à l’ascendance commune, il y a des exceptions ! Parfois, des caractéristiques similaires apparaissent dans des lignées evolutives différentes: on parle alors de convergences. Le principe de parcimonie n’est pas une règle absolue !
Résumons-nous:
  1. Tous les êtres vivants possèdent des points communs
  2. La plupart des ressemblances sont dues à l’ascendance commune: les biologistes les appellent des homologies
  3. Mais il y des exceptions: on parle alors de convergence.
Si vous lisez ces lignes, c’est sans doute que vous avez croisé quelques convergences et homologies en prenant votre tram ou votre métro, dans de petites vidéos conçues par des chercheur du Laboratoire de Biométrie et Biologie Evolutive, en collaboration avec Big Company et les TCL. Ce site est dédié à ceux qui souhaitent creuser la question…