Transpiration

L’ancêtre des mammifères avait probablement déjà des glandes sudoripares, mais chez l’homme et le cheval, ces glandes remplissent une fonction de thermorégulation qui est très importante. Chez d’autres animaux, la thermorégulation est principalement assurée par d’autres mécanismes, tels que le halètement chez le chien, ou des bains dans l’eau ou la boue, comme chez le sanglier. Les primates ont tous des glandes sudoripares, mais c’est l’homme qui transpire le plus, et de loin.

 

La morphologie et la physiologie humaine sont évidemment l’objet d’un grand intérêt de la part des biologistes de l’évolution. L’espèce humaine est non seulement unique et particulière, comme toutes les espèces, mais en plus, c’est la nôtre ! Parmi les primates, l’homme est unique dans sa façon de se mouvoir, mais également dans son anatomie, sa dentition, réduite par rapport aux chimpanzés et gorilles, et son tendon d’Achille, allongé. Chez l’homme, l’évolution biologique est étroitement liée à l’évolution culturelle, qui prend une importance beaucoup plus grande que dans d’autres espèces. Par exemple, on pense que la dentition et le système digestif se sont réduits il y a des millions d’années à la suite de changements culturels: grâce au feu et aux outils, la nourriture, et en particulier la viande, est plus facile à mâcher et à digérer ! En extrayant davantage d’énergie des aliments, cette sorte de pré-digestion aurait aussi permis l’expansion dans la lignée humaine d’un organe très gourmand en énergie : le cerveau.

 

Pour ce qui est du tendon d’Achille, il est particulièrement long chez l’homme. Cette caractéristique ne serait pas liée à la seule position debout (car le tendon d’Achille sert peu lors de la marche), mais plutôt à la course. Ainsi dans la lignée humaine, un long tendon d’Achille et la capacité de transpirer en abondance auraient évolué alors que l’homme devenait un excellent coureur de fond. Deux hypothèses sont envisagées pour expliquer en quoi il aurait pu être utile à nos ancêtres d’être de bons coureurs sur de longues distances : la chasse à l’épuisement et/ou la recherche de carcasses d’animaux. Selon la première hypothèse, nos ancêtres, armés de simples lances à pointes en bois, auraient chassé des animaux en leur courant après en plein soleil, afin de les assoiffer et les épuiser, pour pouvoir les tuer sans trop de difficultés. Selon la seconde hypothèse, durant la journée nos ancêtres auraient passé leur temps à rechercher des carcasses d’animaux morts : dès qu’ils voyaient des charognards planer au-dessus d’une carcasse, ils pouvaient se rendre promptement sur les lieux du festin et en profiter avant que les hyènes et lions, animaux nocturnes, sortent eux aussi chercher à manger.

Le cheval est bien évidemment lui aussi un excellent coureur de fond. Dans ces deux espèces, la capacité de perdre de la chaleur par transpiration semble être clef pour leur permettre de courir sur de longues distances. Il existe même des courses opposant hommes et chevaux sur de longues distances, où l’homme l’emporte parfois…