Une boussole dans la tête

La capacité à se diriger grâce au magnétisme terrestre est retrouvée chez plusieurs animaux, comme les pigeons, les saumons, les tortues de mer, le papillon monarque et même la mouche drosophile, et également chez des bactéries, mais beaucoup de choses restent à découvrir dans ce domaine. Nous ne savons pas bien quelles espèces ont cette capacité, et quelles espèces ne l’ont pas. L’étude des mécanismes qui permettent à ces organismes vivants de détecter et d’utiliser le champ magnétique est également loin d’être terminée. Il est ainsi difficile de savoir si cette capacité est apparue une fois et a été perdue dans certaines lignées, ou si au contraire elle est apparue plusieurs fois. Nous avons décidé ici de représenter la seconde hypothèse, mais elle reste très incertaine.

 

Chez le pigeon, un organe situé dans le haut du bec et contenant de la magnétite lui permet de sentir des champs magnétiques. Le pigeon utiliserait cet organe lors de ses longs voyages, qui peuvent atteindre des centaines de kilomètres. Cette capacité du pigeon à s’orienter et à voyager sur de longues distances ont fait de lui un messager de choix avant l’arrivée des moyens modernes de communication.

 

Chez la tortue de mer, on a aussi prouvé que les petits pouvaient s’orienter en utilisant le champ magnétique terrestre. Contrairement au pigeon et à nombre d’autres animaux qui ont besoin de lumière pour exercer leur sensibilité aux champs magnétiques, les tortues peuvent détecter le champ magnétique aussi bien à la lumière qu’à l’obscurité.

Récemment, on a montré qu’un oiseau migrateur, le rouge-gorge, était sensible aux perturbations magnétiques causées par l’homme, qui utilise les ondes pour quantité d’applications, de la radio à la téléphonie mobile. On ne sait pas si ces perturbations humaines nuisent à d’autres animaux migrateurs.